Après l’échec de sa première tentative au niveau national, Emmanuel Macron demande désormais à l’Union européenne d’agir. Dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, le président français appelle à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans dans l’ensemble de l’Union européenne. Une démarche qui rejoint largement les constats et les propositions défendus par REPER.
Une protection qui ne peut pas reposer uniquement sur les parents
Dans sa lettre, Emmanuel Macron demande une réponse européenne harmonisée afin de mieux protéger les enfants et les adolescent·es. La France avait déjà tenté d’introduire une interdiction nationale pour les moins de 15 ans, mais le dispositif a été invalidé par le Conseil constitutionnel. Le président français souhaite désormais porter cette réflexion au niveau européen.
Pour REPER, cette évolution va dans le bon sens. Depuis plusieurs années, nous défendons l’idée que les familles ne peuvent pas être seules responsables de la gestion d’un environnement numérique conçu par des entreprises internationales dont le modèle économique repose notamment sur la captation de l’attention.
Notre positionnement sur les médias numériques appelle ainsi à une responsabilité partagée entre jeunes, familles, plateformes et pouvoirs publics, ainsi qu’à une réglementation portant davantage sur les produits numériques eux-mêmes et leur accessibilité.
REPER préconise un âge minimum de 16 ans
REPER va même un peu plus loin que la proposition française. Parmi les mesures transitoires proposées dans notre positionnement figure la restriction de l’accès aux réseaux sociaux qui n’assument pas suffisamment leur responsabilité en matière de protection de la jeunesse, avec un âge minimum légal fixé à 16 ans, correspondant à la fin de la scolarité obligatoire.
L’objectif n’est pas de diaboliser le numérique ni d’empêcher les jeunes de communiquer. Les réseaux sociaux répondent à de véritables besoins de socialisation. Mais les jeunes devraient pouvoir évoluer dans des environnements où leur sécurité, leurs données et leur santé passent avant la maximisation du temps passé en ligne.
C’est pourquoi une limitation d’âge ne peut constituer qu’une partie de la réponse.
Protéger, mais aussi proposer des alternatives
À terme, le véritable enjeu sera de développer des espaces numériques sécurisés et attractifs pour les jeunes. Et ceci sans mécanismes visant à maximiser l’engagement, avec une modération renforcée, des protections adaptées à l’âge et une meilleure maîtrise des données personnelles.
C’est également une occasion de soutenir davantage de solutions européennes et de réfléchir au numérique que nous souhaitons réellement proposer aux générations futures.
Réguler les réseaux sociaux actuels est nécessaire. Construire de meilleures alternatives l’est tout autant.









