Écrans et jeunes : REPER appelle à partager les responsabilités

Des parents et un enfant regardant le positionnement écrans de REPER avec un ordinateur et le palais fédéral en arrière-plan

Les écrans et les médias numériques occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie des enfants, des adolescent·es et de leurs familles. Ils offrent de nombreuses possibilités de communication, d’apprentissage et de création, mais soulèvent également des enjeux de santé, de protection de la jeunesse et de vie familiale.

Face à ces transformations rapides, REPER a élaboré un positionnement sur la gestion des médias numériques avec les enfants et les adolescent·es. Son message central est qu'il ne suffit plus de demander aux jeunes et aux parents de « mieux gérer les écrans ». Les plateformes numériques, les pouvoirs publics et l’ensemble de la société doivent également assumer leur part de responsabilité.

Ni diaboliser les écrans, ni minimiser les difficultés

Le numérique fait désormais partie du quotidien. Chez les jeunes, il répond notamment à des besoins de socialisation, d’autonomie, d’apprentissage, d’expression de soi ou encore d’appartenance à un groupe.

REPER ne défend donc pas une vision dans laquelle les écrans seraient nécessairement mauvais.

En revanche, la manière dont certains services numériques sont conçus pose aujourd’hui problème. Les grands réseaux sociaux et certaines plateformes utilisent notamment le défilement infini, les notifications, les récompenses sociales ou des algorithmes de recommandation dont l’objectif est de maximiser l’engagement et le temps passé en ligne. À cela s’ajoutent l’accès à des contenus inappropriés, les difficultés de modération et l’exploitation des données personnelles

Les enfants et les adolescent·es sont particulièrement concernés, puisque leurs capacités de discernement et d’autorégulation sont encore en développement.

Un constat qui vient aussi du terrain

À REPER, le nombre annuel de demandes d’actions de prévention liées aux médias numériques et au harcèlement entre pairs est passé de 34 en 2014 à 412 en 2025. Les professionnel·les rencontrent régulièrement des familles confrontées à des conflits autour du temps d’écran, à des difficultés à poser un cadre, à du cyberharcèlement ou encore à des jeunes qui peinent à décrocher de certains contenus. 

Ces expériences montrent également à quel point la gestion éducative des écrans peut être exigeante pour les parents.

Fixer des règles, vérifier qu’elles sont respectées, suivre l’évolution des usages et comprendre les nouvelles plateformes demande du temps et des compétences. Faire reposer l’ensemble de la responsabilité sur les familles revient donc à sous-estimer la complexité du problème.

Une question de santé publique et de responsabilité collective

Pour REPER, les usages numériques doivent être analysés à travers plusieurs dimensions (le jeune lui-même, son environnement et les produits numériques qu’il utilise).

Cette approche conduit à considérer que la prévention ne peut pas uniquement viser les comportements individuels. Il faut également agir sur l’environnement et sur la manière dont les plateformes sont conçues.

Autrement dit, lorsqu’un service destiné à des millions de personnes est pensé pour retenir leur attention le plus longtemps possible, la réponse ne peut pas être simplement : « aux parents de mieux contrôler leurs enfants ».

REPER défend donc une responsabilité partagée entre les familles, les jeunes, les pouvoirs publics, les producteurs de contenus et les opérateurs de plateformes.

Trois orientations prioritaires

Le positionnement de REPER identifie trois grands axes d’action.

Le premier consiste à renforcer la prévention et l’accompagnement des jeunes, des familles, des écoles et des professionnel·les. Cela passe notamment par l’éducation aux médias, les formations, les outils pratiques et les possibilités d’accompagnement lorsque les usages deviennent problématiques.

Le deuxième vise à créer un espace numérique réellement sécurisé pour les jeunes. Cela suppose davantage de modération, des contrôles d’âge efficaces, une meilleure protection des données et une limitation des mécanismes de captation de l’attention dans les applications destinées aux mineur·es.

Enfin, REPER propose de réfléchir à une contribution financière des grands acteurs du numérique, selon un principe proche du « pollueur-payeur », afin de participer au financement des mesures de prévention et de protection rendues nécessaires par leurs activités.

Les 3 orientations prioritaires de REPER pour mieux protéger les jeunes face aux écrans

Des mesures peuvent être prises dès maintenant

Une régulation internationale des grandes plateformes prendra du temps. REPER estime toutefois que certaines mesures peuvent déjà être envisagées.

Le positionnement propose notamment de mieux encadrer l’usage des appareils numériques durant le temps scolaire, de prévoir un accès aux appareils adapté à l’âge et de restreindre l’accès aux réseaux sociaux qui n’assument pas suffisamment leur responsabilité en matière de protection de la jeunesse, avec un âge minimum légal fixé à 16 ans. 

Ces propositions ne visent pas à exclure les jeunes du numérique. Elles cherchent au contraire à leur permettre d’y évoluer progressivement dans des conditions plus sûres.

Trouver un nouvel équilibre

Le défi des prochaines années ne sera probablement pas de choisir entre « avec écrans » ou « sans écrans ».

Il sera de construire un environnement dans lequel les possibilités offertes par le numérique puissent coexister avec la santé, le développement et la protection des jeunes.

Cela nécessite de continuer à accompagner les familles, mais également d’agir sur les plateformes elles-mêmes, leur accessibilité et leur modèle de fonctionnement.

La gestion des écrans est devenue un enjeu collectif. La responsabilité doit l’être également.

Retrouvez ici le positionnement complet de REPER sur la gestion des médias numériques avec les enfants et les adolescent·es.